Ce texte traite de la Guinée, mais hormis quelques (petites) particularités nationales les descriptions et analyses sont pertinentes pour le Sénégal. Le texte est très long, je l'ai quand même copié dans son intégralité, le contenu le mérite !
La corruption est un phénomène complexe et à géométrie variable. Il y a donc une difficulté à trouver un consensus sur la définition du phénomène, pourtant universellement répandu (Millet, 1998). Dans une tentative de définition, deux risques se posent, celui de se fier à une définition trop restreinte et le risque de donner une définition trop large qui rend difficile d’appréhender concrètement le phénomène de la corruption. Ainsi, il existe plusieurs formes et types de corruptions présentés par différents auteurs dans le but de rendre opérationnel le concept pour des fins analytiques et pratiques. De plus, elle peut être aussi perçue comme un problème structurel émanant du système politique ou économique ou encore comme un problème culturel ou individuel (Amundsen, Sissener et Søreide, 2000). Enfin, la corruption a différentes significations dans différentes sociétés (Rose-Ackerman; 1999).
Une définition simple et stricte limite la corruption à des agents particuliers, secteurs ou transactions. Sous cet angle, la corruption peut être reliée à des déviations par les agents de l’Etat par rapport à des normes ou règles qui régissent leurs comportements (Mény, 95, Mbaku, 1994). Il s’agit ici des normes ou règles ”formelles” telles que précisées par Amundsen et al. (2000).
La définition légale considère donc la corruption comme un acte de transfert de ressources tangibles entre un agent public et un privé en contrepartie d’un service rendu ou d’une promesse de service. (Amundsen, Sissener et Søreide, 2000). D’aucun parlent de transactions entre les acteurs du secteur privé et le secteur public. Cette définition ignore cependant les “parties vitales” du problème telles que le manque de pouvoir politique ou d’abus de pouvoir, des comportements individuels ou socioculturels (richesse, relations personnelles ou lien familial, statut social) ( Nye, 1967; Khan, 1996).
Dans la définition de la corruption, deux catégories d’agents sont en jeux: l’Etat ou les agents publics et le secteur privé ou les agents privés( Van Duyne fait remarquer en général, la difficulté de savoir qui corrompt ou qui est corrompu.) . La corruption peut donc exister non seulement à l’interface des secteurs public et privé (Rose-Ackerman, 1978) et mais aussi en dehors. Une définition possible de la corruption dans le secteur public est proposée par un grand nombre d’auteurs peut être formulée en termes d’“utilisation des biens publics pour des gains privés” (Amundsen, 1999; Bardhan, 1997; Gray et Kaufmann, 1998; Rose-Ackerman, 1996; Zakiuddin, 1998). > Lire la suite