On élit les rois maintenant ? mercredi 18 juillet 2007
Toute la vie politique du Sénégal tourne, qu'on le veuille ou non autour de la succession de Wade. Rien ne semble se faire qui ne participe de près ou de loin à la mise en orbite du fils. La réforme de l'Apix, les "mytères" autour du projet de Diamnadio, la création du sénat portent l'empreinte du fils. Rien ou quasiment rien ne se fait sans arrière pensée de positionnement.
Dans l'absolu, Karim Wade peut prétendre occuper le fauteuil présidentiel, comme n'importe quel sénégalais. Dans l'absolu ! La candidature de Karim Wade à l'élection présidentielle n'est pas en soi immorale, l'immoralité réside dans les moyens utilisés.
Quoique beaucoup en pense, la vie politique doit être morale ou à tout le moins moralisée. Le fait de passer par une élection ne rend pas une succession démocratique. On sait trop comment gagner des élections, quand on est au pouvoir, moyennant quelques achats de consciences et quelques truanderies au niveau des listes, du vote ou du décompte des résultats. Faire des élections formelles ou utiliser un système légal de désignation du successeur ne met pas à l'abri d'une transmission dynastique du pouvoir.
Nous nous acheminons vers ce genre de transmission du pouvoir sous couvert d'actions parées de légalité antidémocratique.
La morale voudrait que les enfants d'un(e) président(e) ne se présentent pas à des élections présidentielles juste après leur mère ou père... Cette filiation ampute, au nom de l'honneur et de la morale, les droits des enfants de président(e) à succéder à leur mère/père. Dommage pour eux. Mais rien ne les empêche de se présenter quelques années après. Cela sera évidemment plus difficile n'ayant plus à leur disposition ni l'appareil d'état, ni les moyens et finances publiques. Mais la morale sera sauve et la démocratie y gagnera d'autant.
Nous nous glorifions souvent d'être un modèle démocratique. C'est d'ailleurs bien le signe que le nationalisme est aveugle. Nous ne vivons dans une démocratie et ne nous comportons ni comme des citoyens ni comme des démocrates.
C'est une idée bien plaisante, mais ce n'est qu'un mythe qui, encore une fois, nous évite de nous poser des questions et d'agir. Aucun acquis démocratique n'est assuré définitivement, d'ailleurs quels acquis avons-nous en dehors du vote ?
Vote dont le processus a été violé 4 ou 5 fois depuis 2000. C'est pourtant un acquis bien faible, au regard de la démocratie, le droit de vote... Rappelez-vous que les républiques populaires de l'est votaient très régulièrement et qu'il est pourtant difficile de les qualifier de démocratiques !



















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