Pas une page ne liste les cultures alternatives, pas une page ne détaille les nouvelles méthodes culturales et ne les vulgarise, pas une page n'explique comment faire des haies vives pour économiser le grillage, rien sur la manière d'économiser l'eau dans les secteurs maraichers, fabriquer son matériel agricole, désinfecter l'eau avec l'énergie solaire, fabriquer des fours solaires à pas cher, faire pousser des arbres fourragers, calculer des rations alimentaires animales.... Rien. Que du verbiage insipide... Et s'il y a un milieu social qui a besoin d'infos pour évoluer c'est bien celui des agriculteurs.

Ce n'est pas vraiment compliqué à mettre en place, ni vraiment coûteux. Cela nécessite juste l'info d'un côté et de la volonté politique de l'autre. Je suppose que l'info existe au ministère de l'agriculture, dans un carton quelque part ou à la cave quant à la volonté politique...

Nous voulons toujours faire ce qui ne pourra se faire que demain avec un peu de chance : toutes les écoles branchées sur internet, 1 ordinateur par élève et nous ne faisons pas ce que nous pouvons faire aujourd'hui, sans aide.

L'objection évidente que l'on va me faire, je la connais, on me l'a déjà sortie quelques dizaines de fois : à quoi peut servir un site d'informations agricoles pour une population d'analphabètes ? En voilà une objection propre à clouer le bec de l'utopiste de service ! A part qu'elle n'a pas de sens cette objection...

Un coopérative indienne a mis en place un tel site d'info, plus d'1,5 million d'agriculteurs s'y connectent au moins 1 fois par mois. Le site fait même du conseil vétérinaire. Or l'Inde est aussi analphabète que le Sénégal, si ce n'est plus. Et pourtant ça marche et cela permet aux paysans d'améliorer leur niveau de vie. Si un agriculteur ne sait pas lire, il a toujours un fils ou une nièce qui sait lire et qui lira pour lui.

Cela ne suffit pas, évidemment, pour faire un miracle, mais tout ce qui est pris n'est plus à prendre.

Il y a quelques années j'avais chiffré le coût d'un tel projet avant de le proposer au ministère. Cela se montait entre 30 et 40 millions de cfa annuel, le prix de deux 4x4 !

Quand je l'ai proposé ils ont bien ri....