Sénégal : on arrive au bout de la logique... lundi 5 novembre 2007

S'il existe un consensus au Sénégal, c'est bien celui de ne toucher à rien et de ne pas fâcher. Mais tous les tenants de ce consensus n'ont évidemment pas les mêmes objectifs. La majorité des défenseurs du stato quo sont ce que l'on pourrait appeler des naïfs, exploités par vocation et par naissance et plutôt contents de l'être, les autres, les bénéficiaires du système ne croient en rien, hormis leur compte en banque et sont plutôt contents eux aussi, mais pas pour les mêmes raisons !
Le Sénégal vit dans un système social d'exploitation par essence. Il s'y trouve apparemment bien puisque la majorité des habitants s'en accomode habituellement assez confortablement. Sauf quand...
Sauf quand... Le système se retourne trop violemment contre eux. Ce que nous vivons aujourd'hui. Mais pourquoi s'en étonner, c'est la nature même du système.
Les prix internationaux augmentent. Soit, mais pas assez pour justifier les augmentations finales. La spéculation est passée par là .
La spéculation sauvage est une pratique morale dans notre société, tant qu'elle ne nous atteint pas directement, tout comme d'ailleurs la corruption, le népotisme...
Ces spéculateurs que l'on vénère parce que riches ne font que leur travail de spéculateurs : utiliser les opportunités qui se présentent pour gagner encore plus d'argent. Sans état d'âme et sans scrupule
Ne nous trompons pas, les discours patriotes, sur le développement et autres bla bla ne sont faits que pour les naïfs. Ceux qui les tiennent n'y croit pas. Ils ne sont tenus que pour mettre de l'huile dans les rouages et que le système continue à tourner à leur profit. Si demain leur intérêt nécessitait de dire le contraire, ils le feraient. La transhumance, le reniement et le changement de discours à 180° sont des sports nationaux.
Il existe quelques questions qui tuent auxquelles personne ne donne de réponses :
pourquoi l'argent investi dans l'importation de riz n'est pas investi dans une production nationale de riz ?
Quel est le pourcentage des avoirs du capitalisme sénégalais au Sénégal et à l'étranger ?
Combien de nos dirigeants politiques et économiques bénéficient d'une double nationalité, histoire d'avoir un refuge si cela tourne mal ? Pourquoi l'argent investi dans des SCI sur les Champs Elysées par nos hommes politiques n'est-il pas investi dans des entreprises sénégalaises, en dépit de leurs discours patriotico-larmoyant.
Le système politique et économique Wadien, si tant est que l'on puisse le qualifier de sytème économiqe et politique, laisse le champ libre au capitalime sauvage inscrit dans nos pratiques sociales, ce qui est parfaitement normal puisque c'est sa finalité. Le pouvoir politique n'étant que la possibilité de gagner de l'argent, pouvoir politique à ne pas prendre au sens étroit, le pouvoir politique englobant les élus, les nommés, les alliés et les souteneurs. Dans nos contrées le pouvoir politique est avant tout le bras armé du pouvoir économique, sa seule fonction, sa seule finalité.
Au Sénégal, la politique commence dans l'argent, se survit et se termine dans l'argent. Nos références sociales admettent très bien ce mécanisme sauf... Quand le pain augmente !
Si on veut le capitalisme comme la société sénégalaise semble l'avoir choisi depuis l'indépendance, si l'on veut continuer à faire vivre les restes du féodalisme ancestral, si l'on veut remettre son intelligence et sa vie, sans contrôle, à des gourous politiques ou affairo-religieux il faut, logiquement, en assumer les conséquences.
Ne croyez pas qu'il suffira d'être mécontent pour que quelque chose change. Le capitalisme est par nature violent, le capitalisme est par essence force et ne comprend que la force. Les pays où le capitalisme négocie sont des pays où les forces sociales ont fait la démonstration de leur capacité de combat et d'opposition. Le capitalisme se trouve donc dans des situations où il lui est plus profitable de camoufler sa violence et de négocier.
Ce n'est pas par goût, il ne fait qu'appliquer un principe de réalité que les forces sociales lui ont imposé.
L'accès au pouvoir politique, dans nos contrées, n'a qu'une seule finalité : être dans la position de faire ses petites affaires sans contraintes et sans lois. Le discours politique n'ayant que pour fonction d'endormir la populace et de se faire des alliés capables de maintenir cette même populace dans un état d'apathie et de soumission profitable au système.












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