Le chef de l’Etat, Abdoulaye Wade a, encore, surpris son monde. Il a éludé nombre de questions sur lesquelles l’attendaient les observateurs de la scène socio politique et économique. Le président de la République n’a en aucun moment de son discours prononcé le nom de son chargé de mission en Casamance, Samesidine Aïdara qui a été sauvagement assassiné à la veille de la Tabaski dans presque les mêmes conditions que le président du Conseil régional de Ziguinchor, El Hadji Omar Lamine Badji en décembre 2006. Ces deux meurtres qui interviennent en un intervalle régulier mettent en cause les acquis du processus de paix en Casamance. Alors qu’Abdoulaye Wade avait promis le 19 mars 2000 qu’il allait régler en 100 jours la crise Casamançaise. Un autre sujet que le président de la République a passé sous silence, c’est la crise institutionnelle. Des informations concordantes avaient prêté à Abdoulaye Wade la volonté d’invoquer l’article 52 de la Constitution pour s’arroger tous les pouvoirs et démettre de fait le président de l’Assemblée nationale. Le vendredi 28 décembre dernier le président de la République avait convoqué Macky Sall pour lui demander de démissionner et ce dernier a refusé. Cette crise découle de la convocation à l’Assemblée nationale du président de l’Agence nationale de l’organisation de la conférence islamique (Anoci) et fils du président de la République, Karim Wade. L’exécutif et le groupe parlementaire « Libéral et démocratique y ont opposé un non catégorique et le patron de l’Anoci n’a, par conséquent, pas été auditionné par les députés. 2007 a été une année électorale avec trois scrutins. La présidentielle du 25 février, les législatives du 3 juin boycottées par l’opposition dite significative regroupée au sein du Front « Siggil » Sénégal et les sénatoriales d’août dernier qui ont été aussi boudées par les partis membres de ce Front. C’est à la suite de boycott que ces formations politiques ont lancé l’idée d’organiser des assises nationales et ont rencontré une cinquantaine d’organisations de la société civile. Le chef de l’Etat n’est pas enchanté par cette initiative et a opté pour un dialogue politique, position réaffirmée lors d’une émission à France 24 en novembre. Abdoulaye Wade a simplement préféré oublier cette question. Il n’en a pas fait cas lors de son discours d’avant-hier. L’organisation prochaine de la conférence islamique à Dakar a poussé les autorités à décongestionner les rues de Dakar. Elles ont, ainsi lancé des opérations de désencombrement de la voie publique sans penser à des solutions de recasement des marchands ambulants. Le 21 novembre dernier, il y a eu des émeutes dans les rues de Dakar, les marchands ambulants et petits commerçants se révoltent contre la mesure et cassent et brûlent tout. La stabilité menacée, les autorités reviennent sur leur décision en attendant la fin de la tabaski et des fêtes de fin d’année. On s’attendait à ce que le président de la République revienne sur cela pour dire quelle suite sera réservée à l’occupation anarchique de la voie publique. Mais rien. Le chef de l’Etat a, dans la foulée préféré ne pas parler de l’émigration clandestine qui continue de faire des victimes parmi les jeunes Sénégalais. Comme il l’a fait avec l’Education, la hausse des denrées de première nécessité, il n’a même pas essayé de faire le bilan du dispositif qui a été mis en place pour lutter contre ce phénomène ou proposer une alternative. C’est l’omerta.