Selon le Pr Fall, cette deuxième forme de démocratie est caractérisée par la transparence, la rationalité dans la gestion du pouvoir et l’existence de contre-pouvoirs.

“ C’est la démocratie substantielle ”, a précisé le constitutionnaliste. Revenant sur le thème, le Pr Fall a indiqué que la réalité dans la démocratie sénégalaise n’est pas significative. “ Il y a une infime partie de réalité et une grande partie de mythes dans la démocratie sénégalaise ”.

S’appuyant sur des critères d’un régime démocratique comme le pluralisme politique et la présence de certaines libertés, M. Fall souligne que notre pays peut être considéré comme un pays démocratique. Ensuite, le Sénégal bat le record en termes de stabilité du pouvoir hormis les événements qui se sont déroulés en 1962.

Mais d’autre part, il y a une grande partie de mythe dans “ le modèle démocratique sénégalais loué à travers le monde par de nombreux qualificatifs comme celui de “ vitrine démocratique ”. Parmi les éléments qui permettent au Pr Fall de déceler une grande partie de mythe dans la démocratie sénégalaise, il y a “ l’instrumentalisation des institutions ”.

“ Le fonctionnement d’un système repose sur des institutions. De 1960 à 2007, on a observé une instrumentalisation des institutions à des fins de règlement de comptes ou de conservation du pouvoir. Il s’y ajoute une instabilité constitutionnelle avec des modifications ”.

Selon lui, les qualificatifs donnés au Sénégal pour montrer son avancée démocratique notamment l’Alternance relèvent du mythe. “ Il s’agit de fabrication de mythes qui est une donnée permanente et transversale. C’est du fantasme ”, estime-t-il.

Le Pr Fall a affirmé que les espoirs sont souvent conditionnés par des mythes. “ Nous sommes dans une situation d’illusion démocratique. Les Occidentaux considèrent que nous sommes les moins mauvais élèves en Afrique ”, a regretté le Pr Fall. “ On ne croit pas aux institutions dans notre pays. Elles sont personnalisées. Notre pays bat le record en termes de modifications de Constitution ”, poursuit-il. Il a par ailleurs dénoncé la gestion et la structuration des partis politiques. “ On a des partis politiques qui ne répondent pas aux critères démocratiques sur le plan de la situation, de la forme, des moyens ”, a-t-il constaté.

Selon lui, la démocratie dans notre pays n’a pas amélioré la qualité de la gouvernance. Alors que, “ c’est un régime qui incite les gouvernants à respecter le culte et la transparence dans la gestion des deniers publics ”, a-t-il avancé.

L’absence de citoyenneté et d’enthousiasme démocratique constitue un handicap dans le processus d’évolution du pays. Pour cela, il propose “ le déterminisme ” et “ le volontarisme rationnel ” comme alternative.