AFRIQUE-UNION AFRICAINE : Un audit révèle de graves dysfonctionnements lundi 28 janvier 2008
source :Grioo.com
Les organes de l’Union africaine (UA) sont pénalisés par des dysfonctionnements criards qui ne permettent pas d’atteindre les objectifs fixés, révèle un rapport d’audit soumis au Conseil exécutif dont les travaux démarrent ce dimanche à Addis-Abeba, la capitale éthiopienne.
Réalisé à la demande des chefs d’Etat et de gouvernement de l’UA lors du sommet d’Accra, au Ghana, en juillet dernier, l’audit a été conduit par un comité d’experts de haut niveau.
Ce comité, dirigé par Le Pr Adebayo Adedeji, a été désigné par le président en exercice de l’organisation, le président du Ghana, John Agyekum Kufuor.
L’audit, qui s’est déroulé du 10 septembre au 18 décembre a analysé en profondeur les organes et institutions de l’Union ainsi que la nature des relations qui les lient, relevant des dysfonctionnements importants leur organisation et gestion.
Concernant la Conférence des chefs d’Etat et de gouvernement, le rapport souligne l’inadéquation entre la durée des sommets et leur ordre du jour, estimant qu’ils devraient arriver sur les lieux au moins 24 heures avant leur sommet qui dure deux jours.
Mais dans la pratique, souligne le rapport, beaucoup de dirigeants arrivent juste avant l’ouverture des sommets dont le premier jour est consacré aux cérémonies solennelles, aux consultations et autres questions de procédures.
Selon les auteurs du rapport, « l’expérience a montré qu’avant la fin de la cérémonie du deuxième jour, la plupart des dirigeants sont Repartis ».
« Par conséquent, les points importants à l’ordre du jour sont laissés à la compétence de quelques ministres et, dans la plupart des cas, des ambassadeurs qui agissent en tant que chefs de leurs délégations respectives. Ce qui entraîne le report de ces questions », déplorent les experts.
Pour éviter de surcharger les présidents, les experts préconisent la concentration de l’ordre du jour de la session de la Conférence uniquement sur une ou deux questions de fond tandis que les autres seraient laissées à l’appréciation du Conseil exécutif, du Comité des représentants permanents et de la Commission.
Ils préconisent aussi la tenue d’une seule session annuelle, au lieu des deux organisées présentement, afin de moins surcharger le Conseil exécutif et la Commission et de leur permettre d’assurer le suivi des décisions.
Sur le plan financier, les moyens mis en œuvre pour l’organisation sont énormes et grèvent considérablement le budget de l’UA.
Selon le rapport, l’organisation d’une session annuelle permettrait à l’UA d’économiser des fonds importants qui seraient utilisés à d’autres fins, indiquant que le problème de l’application des décisions se pose avec acuité.
Les experts soulignent que depuis la création de l’Organisation de l’unité africaine (UA), en 1963, 33 traités ont été adoptés, mais jusqu’à la date du 13 juin 2007, seuls 18 avaient été dûment ratifiés.
Le lancement de l’UA, en juin 2002, n’a pas permis d’inverser la tendance, car sur dix traités adoptés, seuls trois sont entrés en vigueur.
C’est le même constat fait par les experts concernant les décisions et déclarations, affirmant que sur les 42 qui ont pris depuis 2002, seuls 21 ont été intégralement ou partiellement mises en œuvre.
Ils ont déploré l’inexistence d’un processus formel garantissant l’application des décisions par les chefs d’Etat en dehors de leurs sommets qui comporte dans leurs ordres du jour un point relatif au rapport sur l’application des décisions.
Au sujet des sanctions préconisées par l’UA contre les Etats défaillants, elles n’ont été appliquées que contre les pays qui totalisent des arriérés de cotisations.
Des observations ont été aussi faites concernant le fonctionnement du Conseil exécutif.
« Sa constitution actuelle fait de lui un organe à tout faire, ce qui va à l’encontre de la pratique au niveau des pays et n’est pas non plus conforme aux dispositions de l’Acte constitutif (de l’UA) », souligne le rapport d’audit.
Les experts ont également souligné que les différentes questions présentées au Conseil requièrent des compétences qui pourraient ne pas être de la seule compétence des ministres des Affaires étrangères.
Ils souhaitent le changement de dénomination du Conseil exécutif qui deviendrait un Conseil des ministres qui ne serait pas seulement la chasse gardée des ministres des Affaires étrangères.
Concernant le Comité des représentants permanents, l’audit note le non respect du calendrier des rencontres.
Le Comité est supposé se réunir au moins une fois par mois pour discuter des recommandations que le Conseil exécutif devra adopter, mais dans les faits, cela n’est pas toujours le cas.
Le rapport d’audit note que les sous-comités placés sous la responsabilité du COREP se focalisent en grande partie sur les questions de supervision organisationnelle au détriment de la substance du programme de l’union.
Il s’y ajoute que ces sous-comités sont souvent confrontés à l’absence de quorum lors des réunions convoquées.
Selon les experts du comité, cela peut être lié à la petite taille des missions diplomatiques et leur expertise limitée à gérer les questions techniques.
En tout état de cause, note le rapport, « cela a eu un impact négatif sur la mise en œuvre du programme de travail et de gestion des ressources humaines et financières ».
Par ailleurs, le rapport d’audit souligne que les Comités technique spécialisés, créés en 2004, ne sont pas encore mis en œuvre.
Les « termes de référence et les modalités de fonctionnement restent encore vagues et les relations entre ces CTS et les structures et programmes existants n’ont pas encore été définis », indique le rapport.
Bref un "machin" comme seule l'Afrique sait en fabriquer : décoratif et inutile, inefficace et indécis, formaliste à outrance, bavard, prétentieux mais sans réelle ambition, budgétivore....
Naomed



















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