Le Sénégal, l'année blanche et les ignares... mercredi 7 mai 2008
Dans le cycle élémentaire, l'année scolaire sénégalaise démarre théoriquement début octobre et se termine fin juin. Dans la pratique, le démarrage des cours commence rarement avant novembre et n'atteint que difficilement mi juin.
Les grêves à répétition et les multiples fêtes à rallonge amputent encore cette peu reluisante prestation.
Sur une durée théorique de 750 heures de cours dans l'élémentaire, l'an dernier, les élèves n'en ont eu que 500. Cette année, depuis la rentrée scolaire les élèves ont déjà perdu 300 heures de cours. Au mois d'avril, les élèves n'ont eu que 2 ou 3 jours de cours.
Les journaux, le gouvernement et les syndicats s'interrogent sur année blanche ou pas. Les parents sont muets.
Le problème n'est pourtant pas là . Que l'année soit déclarée blanche ou non ne change rien à la masse de non-apprentissages des élèves. Les cours perdus ne se rattaperont pas, les connaissances non plus.
Quoi d'étonnant, alors, de voir des élèves de terminale anonner au lieu de lire, des élèves de 6ème ne pas savoir à quoi, dans la pratique, sert une multiplication ou une division...
Sans revenir sur le bien fondé ou non des revendications des enseignants, (il y aurait pas mal à dire et surtout à voir, en autres les bulletins de salaire que tout le monde dit misérables mais que personne ne voit jamais) ceux-ci bénéficient, comme tous les fonctionnaires, d'une capacité de nuisance sans aucun risque.
La grêve est normalement rare parce que coûteuse pour les grévistes puisqu'ils sont payés pour les jours de grêve. Au Sénégal, celle-ci peut être faite impunément puisqu'elle ne coûte, en définitive, rien aux grévistes.
L'argumentaire type des enseignants est :
- Ils ont le droit de revendiquer,
- Leurs revendications sont légitimes,
- Le gouvernement ne leur donne pas satisfaction,
- Le gouvernement est responsable de la situation,
Sans aucunement défendre l'actuel gouvernement, la mission d'un gouvernement n'est pas de donner systématiquement satisfaction à toutes les revendications catégorielles. Les fonctionnaires sont payés sur les revenus de toute la nation, nation composée essentiellement de crèves-la-faim. Il y a une certaine indécence, pour une classe sociale moyenne, à exiger d'étrangler un peu plus les couches les plus vulnérables de la société pour la satisfaction de ses revendications propres.
Revendications riment avec argent, or cet argent serait bien plus utilement et justement utilisé à essayer de réduire la misère au Sénégal. Et, la classe des fonctionnaires n'est, de loin, pas la première touchée par la misère.












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