C'est ce mépris, M. le Président, qui fait qu'au moment où le peuple sénégalais souffre, vous vous permettez de louer ou d'acheter un avion, rien que pour assouvir cette recherche effrénée du luxe.

M. le Président, c'est ce manque de considération qui fait que tous vos projets, du plan Oméga à la Goana, en passant par le plan Reva et j'en passe, n'ont été que conjoncturels et il n'y a point eu d'évaluation pour pouvoir nous dire où sont passés tous les milliards injectés dans ces différents programmes, qui n'ont jamais eu les résultas escomptés. Qu'est devenu le programme de maïs 2003 ? Le problème ce n'est pas l'autre, et je ne cesse de le dire. Le problème, c'est nous-même. Tant que nous ne cesserons pas de calquer sur l'Occident, pour avoir ainsi des fondements nègres sur tout ce que nous avançons, tant que nous n'aurons pas des programmes cohérents et des politiques socio-économiques lucides et pertinents, nous ne sortirons pas de notre calvaire et les milliards injectés n'y changeront rien, si ce n'est de créer de nouveaux riches comme c'est le cas au Sénégal.

M. le Président, l'argent collecté a toujours été utilisé dans le mauvais sens, au Sénégal, sinon qu'elle est la pertinence des 30 milliards qui ont servi à la campagne présidentielle de 2007 ? Ainsi que des 3 milliards qui ont servi à l'achat des 300 véhicules du Pds ? Pourquoi avoir augmenté le budget de la Présidence de 4,5 milliards en 2000 à 64 milliards en 2008, celui de la Primature de 4,8 milliards à 39 milliards, celui de l'Assemblée nationale de 5 milliards à 9 milliards ? M. le Président, quelle est l'opportunité de la création du Craes avec un budget de 3 milliards, du Sénat avec un budget de 5 milliards, compte tenu de la conjoncture actuelle ? M. le Président, tous ces actes sont posés, alors que le peuple trinque, souffre.

Pourtant, vous avouez que «l'organisation onusienne à le mérite d'avoir lancé très tôt un avertissement dont le dernier est du 22 Avril 2008». Mais, aucune anticipation, M. le Président. Que des programmes conjoncturels pour faire taire dans le court terme, les mécontentements, mais ne réglant guère les problèmes. Le mauvais sens M. le Président, c'est ce qui s'est passé durant la remise du prix Houphouët, des milliers de personnes transportées de Dakar à Paris pour la bamboula, et aux frais du contribuable sénégalais. Ce que vous reprochez aux Ong, à savoir d'être goulues et dévoreuses, se retrouve dans votre propre gestion, puisque vous déboursez des milliards pour juste qu'on vous applaudisse ou qu'on vous chante. C'est cela qui doit cesser, pour que nous puissions sortir de la pauvreté. «Les Africains doivent refuser la continuation d'une politique d'aumône et d'humiliation», dites-vous, mais les Africains doivent aussi refuser que certains chef d'Etats nous narguent jusqu'à nous demander de retourner à la préhistoire, en usant de bougies pour nous éclairer. L'aumône et l'humiliation cesseront si toutefois, les chefs d'Etat arrivent à mesurer les urgences et à œuvrer pour le bien de tous et non d'un camp.

M. le Président, c'est dans un immense espoir que le peuple debout vous a porté un soir de 19 mars au pouvoir. Ce peuple-là veut du concret, du palpable et non des rêves. Quelle est la pertinence, dans le contexte économique actuel, de dépenser près de 372 milliards pour embellir une voie ou quelques voies ? Et ensuite, refuser que cette agence soit auditée ? Tant que ces incohérences et ces imperfections ne sont pas corrigées, rien ne pourrait être imposé à ceux qui nous aident par le biais des génuflexions de ceux qui nous administrent. La dilapidation de nos ressources n'est pas du fait «des Ong goulues et dévoreuses de ressources», mais de ses propres fils, de ses propres chefs d'Etat.

M. le Président, le peuple sénégalais souffre. La faim est là et l'ignorer, c'est ignorer les difficultés vécues par ce peuple qui a le don de souffrir en silence. Cette passivité durera-t-elle longtemps ? Il est temps de trouver des solutions pérennes, tout en faisant cesser la dilapidation, le gaspillage, l'amateurisme et l'arrogance de ceux qui nous dirigent.

Chaleureusement !