Sérieusement, si le développement de l'agriculture au Sénégal n'est pas un problème que l'on peut résoudre en deux temps et trois mouvements, ce n'est pas, non plus, une tâche impossible pour autant que l'on s'y atelle sérieusement.

La souveraineté alimentaire n'a jamais été envisagée sérieusement au Sénégal, par quelque gouvernement que ce fût. Quand René Dumont en parlait, dans les années 60, cela faisait hurler de rire Senghor !

L'agriculture n'a jamais bénéficiée des financements nécessaires et suffisants, de plans à longs termes soigneusement étudiés et crédibles, le problème des filières et des intermédiaires n'a jamais été vraiment étudié alors qu'il est crucial, la formation permanente agricole de même que le conseil n'ont jamais été envisagés. Trop compliqué, trop long...

Quel que soit ce que l'on peut reprocher à la Fao, l'état de l'agriculture sénégalaise est de la responsabilité des sénégalais : présidents et gouvernements successifs, Isra, fonctionnaires, associations et groupements agricoles et, population elle même.

Tous ne sont pas coupables aux même degré mais tous portent une part de responsabilité. La voie de la moindre résistance a toujours été privilégiée au Sénégal (en autres). On ne s'attaque jamais aux problèmes, ça pourrait facher !

On ne se nourrit pas, mais comme on trouve du riz à pas cher en Asie, on achète, c'est plus facile. On croit supprimer le problème en le contournant, en mendiant toujours un peu plus. Jusqu'au jour où...

Toujours prompts à hurler contre le néo-colonialisme, contre la francafrique... Notre attitude face aux problèmes fait de nous, les acteurs principaux de cette francafriC.

Nous sommes beaucoup plus des néo-colonisés que les pseudos néo-colonisateurs ne sont des colonisateurs. Derrière les hurlements de fierté et de susceptibilité patriotardes se cache la stratégie du mendiant et de l'impuissant.

Et gueuler fort en menaçant tout le monde ne changera pas la réalité. C'est bien l'incurie de nos gouvernements, le j'menfoutisme des fonctionnaires, la passivité des populations et l'infantilisme de tous qui nous ont mis le nez contre le mur.