Personnellement, je me réjouis de voir tous les sites d’informations qui se développent et donnent en temps réel l’actualité politique au Sénégal. Mais là où le bât blesse, c’est qu’aucun travail d’analyse sérieux n’est fait pour mettre en perspective cette information. Nous y lisons à longueur d’articles, des déclarations, contre-déclarations et annonces tonitruantes qui auraient leur place dans la rubrique fait divers. Le travail de réflexivité qui est le propre du journaliste politique, est minimaliste sur ces sites.

A mon sens, le travail d’un journaliste doit être de savoir prendre du recul face à des déclarations politiques pour se donner le temps de l’analyse, de la mise en perspective. Se laisser happer par le tourbillon de l’actualité a comme résultats, les articles mal ficelés que nous lisons à longueur de journée sur ces sites ; je vous épargnerai les fautes d’orthographes, de syntaxe et de grammaire digne d’un élève de sixième… Oui, n’est pas journaliste qui veut. C’est un métier ! Je ne remets pas en cause seulement leurs compétences mais la méthode de travail : courir derrière l’information avec pour seul impératif, la faire publier le plus rapidement possible n’est pas compatible avec le travail d’analyse sérieux du journalisme.

Mais, il faut aussi dire à la décharge de ces sites que la pauvreté de leurs articles est à l’image de la vie politique au sénégal. La guerre des petites phrases, les disputes de chapelles par médias interposées ont fini de vider la substance de la vie politique : les débats sur les enjeux de société, la confrontation des idées, les propositions concrètes…

J’aimerai entendre les partis ou responsables politiques lancer des débats de société sur la corruption au Sénégal, échanger des idées sur la façon de réduire la pauvreté, des mesures concrètes pour améliorer la vie des citoyens…

Mais à notre grand désespoir, les échanges de petites phrases si ce ne sont pas des insultes rythment la vie politique au Sénégal. Sans doute, est ce plus facile que les propositions concrètes et les projets de société.

C’est ainsi qu’il en est de la relation entre le journaliste et le politique dans la vie politique : chacun a besoin de l’autre pour exister. Mais le niveau du débat politique au Sénégal est finalement si bas qu’on ne peut condamner uniquement les journalistes : quelque soit le talent de l’artisan, quand la matière première est de mauvaise qualité, le produit fini s’en ressent.

Etudiant en Science politique, Lyon