Journée sans presse : grande victoire de l'impuissance... mardi 22 juillet 2008
Yakham Mbaye, le porte-parole du Comité pour la protection et la défense des journalistes, pense que la journée sans presse a été une réussite et une victoire. Réussi quoi et renporté une victoire sur quoi ou sur qui ?
Ce genre de propos me fait toujours penser à ceux tenu par des ministres qui se félicitent et se congratulent de la mise en place de n'importe quel truc décidé ailleurs et financé avec de l'argent d'ailleurs. Victoire de mendiant ! En l'occurence, ce n'est pas une victoire de mendiant mais d'impuissant. Avoir réussi quelque chose qui ne gène absolument pas la cible que l'on veut punir me parait être une bien piètre et facile réussite si tant est que l'on puisse parler de réussite.
Il parait que c'était ''un combat de restitution de la dignité du journaliste et au-delà de celle de la personne humaine''. Bien bien.
Mais croient-ils, les journalistes, que l'on puisse rester dignes, tout seul dans un océan d'indignité ?
Croient-ils que l'on peut être digne en participant, même de manière indirecte, au mantien dans l'indignité de 75% de la population ?
Croient-ils que l'on peut rester digne en ignorant royalement les conditions de vie de la majorité de ses concitoyens ?
On va me dire que je fais un mauvais procès aux journalistes puisqu'ils en parlent des difficultés de la population. Certes, mais toujours sous l'angle du gros titre, du voyeurisme. Jamais intéressés, jamais concernés, jamais engagés.
La dignité n'est pas un formalisme, la dignité est active ou n'est pas. Relater la misère et l'exploitation (ce qu'ils ne font même pas pour l'exploitation) pour remplir les colonnes n'est pas s'engager contre la misère ou l'exploitation, c'est la mettre en scène, la rendre vendable, ce n'est pas la combattre.
La dignité ne se gagne pas dans l'oeil de l'autre, elle se gagne par les actes. Ce n'est qu'à cette condition que l'on peut gagner le respect de l'autre.
Les journalistes sont partis à la recherche du respect sans réaliser que ce n'est pas un du, contrairement à ce que prétend notre tradition sociale. Le respect se gagne. Et, il ne peut se gagner grâce à de faciles victoires illusoires, il se gagne dans de vrais combats, dans un véritable engagement.
Les journalistes sont contents, c'est déjà ça, ils se sont auto re-digner si l'on peut dire. Et ils s'autocongratulent pour boucler la boucle.
La prochaine fois que P'tit Farba se déchainera contre la presse, ils écouteront et relateront... Fidèlement. Ils ne voient pas le rapport !












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Réponse de naomed le mardi 22 juillet 2008 à 23:28
Réponse de naomed le jeudi 24 juillet 2008 à 15:21
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