Wade ou l'art de remplir du creux avec du vide... mercredi 6 août 2008
''Il nous faut réfléchir sur une assurance globale pour toute la société. Il suffit de faire une sorte de tontine nationale pour arriver à faire bénéficier d'une protection les travailleurs, les paysans, les chômeurs, toutes les couches de la société'', a indiqué le chef de l'Etat à l'ouverture des assises nationales de l'action sociale.
''Si chaque sénégalais cotise 1000 francs par exemple. Nous disposerons d'un fonds de 12 milliards de francs pouvant avec l'appui du budget constituer une assurance pour toutes les couches de la société''
Si l'idée de faire un système de protection sociale pour tous les sénégalais est une bonne chose, la solution présidentielle est risible et qui plus est injuste. 1000 cfa par personne ne suffisent pas, et de loin, à couvrir les besoins. S'il suffisait d'une moyenne de 1000 francs par personne pour soigner la population, ça se saurait parce qu'il n'y aurait pas vraiment de problèmes.
Les solutions préconisées par Wade, celle là comme les autre, exclues toujours le système de la redistribution sociale. Base sur laquelle les vrais systèmes de santé universelle sont toujours basés. Les riches payent pour les pauvres, les célibataires pour les enfants, les jeunes pour les vieux. Dans un pays qui parle toujours de solidarité, cette exclusion est curieuse !
L'idée de cotisation unique, quels que soit les revenus est injuste, la charge par personne étant la même pour le riche et le pauvre.
Le système de santé doit être pris en charge par l'état est financé par les impots ET les cotisations.
Ce qui veut dire que beaucoup plus de monde, qu'aujourd'hui, doit être touché par l'impôt et les cotisations sociales. Combien de gens payent l'impot sur le revenus au Sénégal ? Hormis les fonctionnaires et la poignée de salariés, profession libérales et commercants déclarés ? Quels est le pourcentage des informels, qui échappent à tout, qui pourraient participer de manière sensible ?
La solution wadienne rappelle curieusement la couverture médicale qu'il a inventé pour les plus de 60 ans. Couverture qui n'existe que dans les grandes villes et qui ruine les structures sanitaires qui la pratiquent, faute de remboursement par l'état des frais engagés.
Ce problème, comme beaucoup d'autres, ne sera résolus que lorsque la majorité des sénégalais aura un travail. Tout cela coûte de l'argent, beaucoup d'argent. La santé, la sécurité, l'enseignement de qualité... Ne sont réellement possibles que dans des nations plus riches et plus égalitaires que la notre.
Encore une fois nous butons sur une vérité difficile à admettre pour nombre de nos compatriotes. On n'a rien sans rien et d'une manière ou d'une autre il faut toujours payer ce dont on profite. Et si ce n'est pas moi qui paye, ce doit être mon voisin.
Encore une fausse bonne solution, facile mais bidon.



















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