L'armée mauritanienne, en tous cas le haut commandement, est issus de la classe des guerriers comme par hasard la plus impliquée dans la criminalisation de l'esclavage. Le retour programmé des quelques dizaines de milliers de réfugiés, plus ou moins ex-esclaves et considérés comme tels, va déstabiliser les grands équilibres sociaux et politiques mauritaniens et menacer la vieille société maure dans ses traditions et mode de vie.

On peut voir dans ce ènième coup d'état, le bras armé des classes mauritaniennes les plus réactionnaires, réfractaires au changement.

Le Sénégal et la Mauritanie sont très différents, historiquement, socialement, politiquement mais ont néanmoins un point commun (come beaucoup d'autres pays africains) : l'existence de classes sociales réactionnaires, féodales et anti démocrates (c'est presque un pléonasme !).

La démocratisation de ces pays, comme de beaucoup d'autres, ne se fera que par la conscience de l'existance de ces classes, la destruction systématique et programmée de leur pouvoir et la mise au pas de leurs membres.

En parlant de la santé, j'écrivais hier que tout se paye. Je rajouterais aujourd'hui : y compris la démocratie.

Nous n'avons pas de démocratie parce que notre ordre social n'est pas démocratique. Comment avoir la démocratie sans changer cet ordre ? C'est illusoire. C'est vouloir le lait et l'argent du lait... Comment respecter le vieil ordre social et vouloir en même temps une pratique politique opposé fondamentalement à cet ordre ? La démocratie ne s'octroit pas, comme on le croit chez nous, elle s'arrache au détriment des classes sociales bénéficiaires des pouvoirs traditionnels. Le reste n'est que quadrature du cercle, rêves niais et... Tripatouillages de constitution et coups d'état.