Telle la critique qu’il a adressée à la FAO, qu’il tient pour responsable de la crise alimentaire mondiale et africaine en particulier – alors que pendant son premier septennat peu ou rien n’a été fait pour encourager la production vivrière, l’essentiel des investissements publics allant toujours à l’agriculture de rente ! Et ce ne sont pas les programmes de revitalisation de l’agriculture lancés tardivement et sous-financés, ou la nouvelle Grande offensive pour l’agriculture et la nourriture en abondance (Goana), qui apporteront une solution, même partielle, à cette crise majeure que traverse le pays. L’échec de la diversification de l’économie – qui avait été au cœur du « sopi » (le changement) du candidat Wade en 2000, projet volontariste ayant rallié la presque totalité des forces politiques contre le pouvoir détenu par le Parti socialiste – est une évidence. Certes, le système économique mondial ne favorise guère l’essor des pays pauvres comme le Sénégal. Mais le pouvoir s’est cantonné dans une vision technocratique et velléitaire du développement, n’a pas su innover, et encore moins fédérer les forces vives, son véritable atout lors de l’alternance de 2000. Aujourd’hui, le Sénégal détient le triste record des départs illégaux pour l’Europe. Les Assises nationales qui viennent de s’ouvrir à Dakar se proposent d’établir un diagnostic afin d’appliquer une thérapie appropriée. Sera-t-il trop tard pour rectifier le tir ?