Combien de décennies de pénuries d'électricité ? lundi 25 août 2008
Mamoune Niass, leader du Rassemblement pour le peuple a déclaré : "La Senelec doit avoir un concurrent". Une fausse bonne idée pour un vrai problème.
Nous savons tous que la Sénélec est gérée comme une pétaudière : personnel phlétorique, absence de stratégie à long terme, dépenses sans aucun rapport avec sa mission, avantages indus au personnel... Mais cela ne peut expliquer ses réelles difficultés.
Nous consommons peu d'électricité par tête d'habitant et la Sénélec ne parvient pourtant pas à la fournir. La consommation ne fera qu'augmenter; de très nombreuses zones ne sont pas encore desservies et la consommation par habitants progressera automatiquement au fur et à mesure de l'augmentation des revenus; augmentation à souhaiter !
Pour situer les augmentations prévisibles : le Sénégal consomme 1.9 billion kWh, la Tunisie avec une population un peu inférieure consomme 11.2 billion kWh et la consommation francaise est de 451.5 billion kWh pour 60 millions d'habitants ce qui, fait 75 billions de Kw/h pour environ 10 millions d'habitants. Les besoins sont et seront donc énormes.
Les futures centrales annoncées comme devant résoudre tous les problèmes, ne résolvent en fait qu'une partie des manques d'aujourd'hui, sans même tenir compte des populations qui n'ont pas accès eu réseau. On peut prévoir que cette course entre besoins et production n'est pas près de s'arréter et pourrait durer des décennies.
Il n'existe que 2 solutions pour étendre les capacités de production et de distribution : soit l'entreprise pays soit l'état subventionne. Ces investissements colossaux s'amortissent sur de très nombreuses années et ne peuvent être financés que par les bénéfices, s'il y en a ! D'où un rythme d'investissement très lent.
Seul l'état peut contribuer à développer le réseau en finançant les investissements. Même en supposant que l'état soit géré de manière optimum (?), ses capacités d'investissement dans le domaine de l'énergie resteraient faibles en raison des multiples besoins et de ses finances très limitées.
Un concurrent à la Sénélec ne résoudrait pas le problème. Un société privée ne s'intéresserait, évidemment pas, à certaine zones non économiquement rentables. Et certaines économies d'échelle ne seraient plus possibles.
La solution réside d'abord dans une saine gestion de la Sénélec et il y a du travail en perspective ! Ensuite dans un plan d'investissement prioritaire, cohérent, réaliste et éxécuté coûte que côute. Pour finir, l'état doit abandonner toutes formes de subvention à la consommation, dissuader les grosses consommations domestiques en modulant les tarifs à la hausse et non à la baisse comme aujourd'hui.
Ensuite, l'état et tous les intervenants politiques doivent oser dire que le problème de l'électricité ne se résoudra pas par un miracle mais par l'enrichissement du Sénégal. Et, peut-être plus important, l'enrichissement de tous les sénégalais, surtout les plus pauvres.
Le reste n'est que verbiage démagogique.



















Réponse de naomed le mardi 26 août 2008 à 08:30
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