Le verre est demi vide ou demi plein ? jeudi 4 septembre 2008
Trouvé une série de commentaires intéressants sous un article au demeurant assez banal. L'article accusait le gouvernement d'imprévoyance en ne faisant rien pour éradiquer les problèmes récurrents d'inondation à Dakar.
Les commentaires s'articulaient grosso mode en 3 groupes :
- Ceux qui nous comparent à nos voisins et pensent que l'on ne fait pas pire qu'eux, plutôt mieux même. Ceux là pensent que l'on ne doit pas se comparer à l'occident, rapport à l'argent et à la technologie issue d'une autre planète.
- Ceux qui pensent qu'en occident le problème serait déjà réglé et que l'on devrait en faire autant et que se comparer à nos voisins nous tire vers le bas.
- Enfin, ceux qui pensent que si l'Occident n'a pas su résoudre un certains nombres de problèmes, ce n'est pas nous qui y réussirons. Dans cette catégorie, une sous catégorie semble penser que le constat est tellement affligant qu'il ne nous reste plus qu'à pleurer adossés à un mur en attendant d'être noyés par les égouts débordants.
Ces 3 ou 4 manières de voir le même problème réflète exactement les divers ressentis de la population.Nous oscillons d'ailleurs presque tous entre 2 ou 3 de ces positions.
Aucune de ces positions n'est abhérente à 100%, aucune n'est risible. Elles ont toutes leur part de vérité bien qu'en réalité elles soient toutes inopérationnelles, de par leur fatalisme.
Prenons ce commentaire : "Mais le vrai problème que nous avons c'est que nous ne voulons pas nous mesurer à nos autres frères du continent parce que nous avons un profond mépris pour eux. Nous avons toujours l'occident comme référence. Mais l'occident ne combat pas dans la même catégorie que nous. Alors nous ne seront jamais satisfait. L'écart entre nous et l'occident est énorme. Tant que nous n'aurons pas accepté de nous considérer comme de simple citoyens du continent le plus arriéré et le plus instable de la planète nous continueront toujours à gueuler et à tout exiger dans un pays qui ne possède rien d'important : ni pétrole, ni gaz, ni café, ni cacao, ni banane. Rien que de l'arachide de mauvaise qualité et du phosphate décoté. " Je ne peux pas donner tort à ces propos mais pourtant il a tort. Toutes ces attitudes partent de vrais constats, et en tirent un enseignement érronné.
Nous sommes effectivement un pays insignifiant sur tous les plans où les élites intellectuelles n'existent quasiment que sur le papier. L'occident ne sait pas résoudre certains problèmes mais en a résolus néanmoins des quantités d'autres, nous aucun. Nous exigeons européen et nous satisfaisons (abusivement ?) d'être moins pire que nos voisins continentaux.
Toutes ces réactions nous entrainent par diverses voies vers la fatalité. Parce qu'elle élimine toutes la volonté et l'éxigence. Le prix à payer...
Il ne faudrait pas croire que la modernisation de Paris, dans les années 1870, ne s'est pas faite sans pleurs, sacrifices ni volonté inébranlable. Des centaines d'immeubles ont été abattus, des centaines d'autres construits, des dizaines de kilomètres de routes tracés (pensées pour les 100 ans à venir). 20 ans de travaux !
Le problème n'est pas de savoir si l'on peut aller aussi vite. Le problème c'est d'y aller, au rythme que l'on peut, sans comparaison avec qui que ce soit, selon nos moyens.
La population veut tout sans rien payer et le gouvernement, lui ne veut rien parce que ses soucis sont ailleurs.
Les peuples matures sont capables de sacrifices si ceux ci sont visiblement utiles pour contruire l'avenir.
Nous pourrions nous poser la question de savoir si nous sommes un peuple mature. Sur certains points j'en doute, sur d'autres je ne le sais pas.
Et pour finir, un dernier commentaire réjouissant signé Jean-Louis Corrèa :
Le Golo Management
Les inondations au Sénégal? C'est le golo management
Golo saute et danse. Quand il a faim il pille le champ de Samba et quand il n'a plus faim, il continue d'arracher les plantes et de les éparpiller selon son humeur.
Aïe la pluie! Mais bonté divine! L'arbre feuillu planté par Samba offre un abri étanche par endroit.
Mon Dieu, prie Golo, arrête cette pluie et je me construis un vraie maison.
Voilà que comme chaque année Dieu l'écoute et arrête sa pluie.
Au premier rayon de soleil, Oubliées les promesses. Et hop une racine de manioc et hop un plan d'arachide, et ... Ah que c'est amusant d'arracher ce niébé et d'en offrir les gousses à ce soleil si pressé de les désécher.
Mais c'est déjà la saison des pluies, et cet étourdi de Samba a élagué les branches de mon arbre. A-t-on idée? Vite prions: Mon Dieu prie Golo...c'est le Golo management.



















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