La virtualité érigé au rang des beaux arts... mardi 14 octobre 2008
Wade a un point commun avec Yasser Arafat. Yasser Arafat était capable de tenir 2 discours n'ayant rien à voir selon qu'il les tenait en anglais ou en arabe, discours pourtant supposés être traduits l'un de l'autre. Wade, lui, tient des discours sans aucun rapport l'un avec l'autre selon leur destination : intra muros ou extra muros.
Au cours du 1er colloque international du Forum des inspections générales d’Etat d’Afrique et des institutions supérieures d’audit assimilées, Wade a déclaré que « Le Sénégal est un fervent partisan de la Bonne gouvernance. Chez nous ce principe de Bonne gouvernance est un dogme sacré. Notre option pour cette façon de gouverner est très ancienne et ne nous vient pas de l’extérieur » et a ajouté que « L’information est un élément fondamental de paix, de stabilité et de progrès ».
Heureusement qu'il nous en informe, parce que nous aurions pu ne jamais nous en apercevoir et mourir idiots !
Ce qui pêche selon lui, c'est la perception qu'ont les citoyens des louables efforts qu'il fait. Trompés qu'ils sont par les méchants médias "qui font rien que de l'embêter" par incompétence et pure malveillance.
On pourrait presque y croire si... on était aussi bête que le président le croit. Ce qui n'est pas tout à fait le cas. Pour moi en tout cas.
Peu importe que le journaliste soit demi-analphabète et ne comprenne pas le quart du tiers de ce qu'il relate. Le fond est là . Pas besoin de lui pour savoir que la légalité constitutionnelle n'a aucun sens chez nous et ne sert qu'à l'usage externe. Pas besoin de ce journaliste laborieux pour comprendre que les engagements extra budgétaires se sont faits selon le voeu implicite du président pressé d'étaler ses "réalisations" ou pour se poser des questions sur le coût des grands travaux. Suffit d'extraire l'info brute.
Aussi mauvais soient-ils les journalistes ont au moins un mérite notable : nous donner l'info que le pouvoir cache. Et, cette info est présente si on lit avec attention. Faut la chercher au milieu d'un tas de scories et d'inepties, mais elle est présente.
Et, cette info nous dit pas, tout à fait, ce que nous en dit Wade.
Je trouve pathétique qu'un vieillard arrivé au faîte de son pouvoir, puisse continuer à jouer au premier de la classe pour recevoir quelques applaudissements de gens payés pour l'applaudir. Je trouve pathétique qu'un président passe son temps à vendre un "MOI" mensonger comme un chomeur de longue durée le fait devant un recruteur.
On peut penser ce que l'on veut du trio de présidents que le Sénégal a eu. Mais sur les trois, deux auraient voulu être et n'étaient pas. Ils ont passé leur vie à essayer. Sans y parvenir.
Sommes-nous si attirés par l'illusion que nous préférions des masques à de vrais visages ? Des futurs académiciens français à de vrais présidents sénégalais, des professeurs ès-tout capables d'expliquer n'importe quoi à n'importe qui à des présidents faisant chez eux, ne serait-ce que, le quart de ce qu'il expliquent aux autres ?












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