Aucune crainte à avoir, un mensonge en chasse un autre. Inutile de faire des efforts de cohérence dans le mensonge, nul ne songera à faire le moindre petit calcul pour vérifier vos dires et aucune énormité ne choquera vos interlocuteurs. Un journaliste annoncait, la semaine dernière, qu'un bassin de rétention de 15 hectares avec une profondeur moyenne de 2 m contenait 500 m3 d'eau. Une erreur de 6000 fois ne le fait pas sourciller. Vous imaginez ce que l'on peut, donc, leur faire avaler !

Vous faite accréditer vos mensonges par quelques déclarations connexes et tonitruantes genre : une délégation du Pignouf-land est dans nos murs pour s'inspirer de nos méthodes ou encore l'Inde est désireuse d'acheter nos 2 millions de tonnes d'excédent de riz, à bon prix. La chine nous propose le même prix PLUS un centrale nucléaire

La réussite tient à pas grand chose, après tout ce n'est qu'une vue de l'esprit, une lectrice faisait remarquer dernièrement qu'un verre pouvait être à moitié plein ou à moitié vide selon la personne qui en parle.

Après que vous ayez bien fait entrer dans les crânes obtus de vos compatriotes la réalité du miracle, vous pouvez faire des projets. Les centaines de millions de tonnes de machins dont vous ne savez que faire, vous allez réussir à les vendre à 2 fois le cours mondial, tellement le label made in Sénégal est recherché (norme ISO 2000).

Avec tout cet argent, beaucoup beaucoup, vous allez faire des aménagements qui permettront de produire encore plus, de vendre et ainsi de suite. Tout ça, tout ça mis bout à bout, dans 5 ans vous serez contraint d'importer de la main d'oeuvre étrangère, de doubler les capacités du port de Dakar, d'acheter la Gambie et de prendre une participation majoritaire dans la banque mondiale, histoire de controler vos capitaux.

Le schéma est tellement prévisible que les ménagères sénégalaises peuvent commencer à choisir les carrelages pour la salle de bain de la maison que le gouvernement leur offrira, avec les intérêts du capital placé. Pas fous, on touche pas au capital, juste aux intérêts, on est pas sahoudiens, nous.

Y'a qu'une condition, une broutille : vous laisser travailler, vous ou votre successeur, encore 10 ou 15 ans.