Changer la politique au Sénégal samedi 15 novembre 2008
Commentaire anonyme récupéré sur un forum, le titre est de moi
A moins d’user de la violence, on ne peut pas faire partir des dirigeants politiques comme par enchantement. Sociologiquement, il y a quelque chose d’inexpliquée dans la manière dont les leaders des partis politiques perçoivent leurs rôles et leurs fonctions. Une fois qu’il crée un parti, qui soit jeune ou âgé, il se prend comme Dieu le Père et n’envisage pas son départ comme une chose normale. Que faire dans ces conditions.
1. L’exemple de Mr Barack Obama ne peut pas s’appliquer au Sénégal. Mr Obama est membre du Parti Démocrate qui a des siècles d’existence et qui fonctionne d’une manière qu’aucun parti Sénégalais ne peut égaler. Le mode de renouvellement du personnel politique américain dans les partis est différent de la façon dont les partis fonctionnent au Sénégal. Donc la première règle, à mon humble mon avis, est d’éviter de généraliser le cas Obama à la situation du Sénégal.
2. Il faut donc partir de nos réalités et de voir comment les changer ou les adapter à la situation ou au contexte présents. Les sociétés sénégalaises ont ceci de particulier qu’elles répriment des ambitions personnelles face à ce qu’on appelle les "chefs" ou les "ainés". Pour être concret, si un "jeune" voudrait prendre de la hauteur et du galon au sein de l’AFP, par des actions de masse sociales et de développement en faveur des populations, il serait combattu s’il n’a pas l’aval du Secrétaire Général ou du parti. Il serait vu comme un ambitieux voir un rebelle. Ce pourrait être que ce seront des militants de sa base qui commerceraient à le combattre. A tout moment, le parti est omniprésent tout en étant totalement absent. Cette attitude est généralisée dans nos différents partis politiques. D’ailleurs, c’est ce manque de marge de manœuvre qui est à la base de la multiplication des partis politiques. Pour émerger et exister au-delà du leader du parti, il te faut quitter le parti dans lequel tu as milité jusque là pour fonder ta propre formation. Là , on est leader et on peut apparaître ou paraître. Malheureusement, ce nouveau leader reproduit dans "son parti" les mêmes comportements qu’il avait décriés dans son ancienne formation politique.
Est-ce qu’il est possible de changer cette situation ? Peut-être. Senghor a essayé de limiter les partis politiques en courants de pensée. On sait ce que cela a généré comme réactions. e plus, le monde n’est plus ce qu’il était il y a 20 ou 40 ans. Mais, il y a des moyens de légiférer sur la question, car les partis politiques sont des organisations sociales encadrées par des obligations statutaires que l’Etat pourrait faire respecter. Mais pourvu dans ce cas que l’Etat soit impartial, impersonnel et rigoureux. Ce qui n’est malheureusement pas le cas aujourd’hui.
3. L’action politique. Oui là je suis d’accord qu’on peut changer les choses en agissant plus au lieu de se limiter à des communiqués d’instances politiques qui n’ont souvent aucune prise avec la réalité de terrain. L’action doit se faire à l’intérieur des partis, au sein des instances et auprès des populations des quartiers des villes et villages du Sénégal. La formation et l’information des militants, la diffusions des idées, la force des propositions et l’honnêteté et la rigueur sont des atouts majeurs pour réussir cette transition de partis politiques d’un leader vers la général de leaders de partis. Ensuite, à mon avis, il faudrait trouver le moyen de bannir notre propension en tant que Sénégalais à nous transformer en griot pour des gens qui n’ont ni la valeur, ni le mérite. Aujourd’hui, on peut dire que nous qui créons cette image que tel est leader ou une personne indispensable.
Exemple O. Tanor Dieng (OTD). Nombre de personnes se rappellent de l’arrogance et de la suffisance de OTD à la présidence de la République de République. Cette attitude avait contribué à l’échec du PS de mars 2000. Mais que constate-t-on aujourd’hui. Pour certains d’entre nous, OTD est comme un messie sorti tout droit du ciel pour sauver le Sénégal. Tout simplement parce que des gens se sont transformés en griots pour vanter OTD, même dans les situations les plus invraisemblables. Le cas OTD peut être étendu à tous les autres leaders de partis.
Ce sont des traits de notre société me direz-vous. Je suis d’accord, mais ils sont des freins pour un véritable progrès dans la conquête démocratique du pouvoir par les partis.












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