On ne travaille évidemment pas pour le plaisir de l'art, mais pour gagner notre vie, ce qui pourrait donner raison à Aliou. Galère donc démotivation donc absence de travail. Cela peut se comprendre pour un travail qui ne comporte aucune implication personnelle et n'a aucune conséquence humaine.

A partir du moment où le travail comporte des conséquences humaines : justice, santé, éducation... Le travail nous renvoie à une notion de responsabilité individuelle et de conscience professionnelle. La démotivation n'agit plus que comme un camouflage destiné à cacher l'irresponsabilité.

Dire que la démotivation financière est, par exemple, l'origine des tares de notre justice, comme l'ont soutenus les magistrats du Sénégal il y a quelques années, est aussi scandaleux qu'hilarants. Trouver normal d'envoyer des gens en prison, n'importe comment, sous prétexte que l'on ne se juge pas assez payé, donne un éclairage assez désagréable sur la qualité humaine de nos juges.

Cela est aussi vrai des enseignants ou du personnel soignant.

Certes les fonctionnaires sénégalais ne sont pas les mieux payés du monde mais ce ne sont pas, en revanche, les habitants plus pauvres du Sénégal. Il serait bon, quelques fois que l'on connaisse un peu l'histoire du monde, cela nous permettrait peut être de mettre un bémol sur des affirmations un peu rapides.

L'Europe a été scolarisée par des enseignants très pauvres. Jusqu'au lendemain de la dernière guerre mondiale, un instituteur y gagnait moins qu'un ouvrier professionnel. Ces gens là ont, majoritairement, fait un énorme travail dans des conditions difficiles pas vraiment éloignées de celles de leurs collègues sénégalais d'aujourd'hui, quelquefois pires (si, si). La démotivation (financière) ne jouait pas dans leur cas. Comment cela se fait-il ?

L'unique motivation d'une grande partie d'entre nous ne serait elle pas uniquement financière ? Et n'aurait donc aucun rapport avec la conscience de sa propre responsabilité sociale et humaine. Je vous demande...