Mme Savane ne voit aucun problème à être conseillère spéciale du président du pays qu'elle est chargée d'auditer. Ben oui ! Ni à en recevoir de menues compensations supplémentaires.

Ne voit-elle pas, dans cette pratique, ce que dans d'autres pays on appellerait corruption ? Ben non ! pourquoi ? N'y aurait-il pas conflit d’intérêts, enrichissement illicite ? Ben non ! vous avez décidemment l'esprit très mal tourné...

Et pourtant. Comme conseillère spéciale du président béninois, Mme Savané percoit un traitement brut de 3 150 400 francs Cfa par mois. Plus une pension (?) de 441 056 francs Cfa, des frais de résidence de 315 040 francs, des indemnités diverses de 1 545 000 francs Cfa dont une prime de sujétion 630 000 francs Cfa, un forfait (?) de 240 000 francs Cfa, des frais d’eau qui s’élèvent à 360 000 francs Cfa, de téléphone à 180 000 francs Cfa. Tout cela mensuels, bien entendus. Et, cela dure depuis le 1er janvier 2008.

Si on résume, le coût de la neutralité bienveillante de Mme Savané s'élève mensuellement à 5,6 millions F Cfa. C'est à la fois beaucoup et peu. Beaucoup d'argent en Afrique mais peu pour repeindre sa probité aux couleurs de la corruption.

Ceci dit, je ne suis pas autrement étonné des révélations que fait un journal béninois sur les découvertes que viennent de faire les députés béninois. N'ayant jamais pensé qu'aucune action, aucun mécanisme du Nepad ne pouvait déboucher sur quelque chose d'intéressant, ce n'est qu'une confirmation de ce que je pensais. Comment les gens qui fabriquent les problèmes (au moins en partie) peuvent-ils les résoudrent ?

C'est aussi ridicule que de confier le ministères de l'intérieur à la mafia.

Je suis par contre toujours ébahis de la soif immodérée d'argent de nos compatriote. Quels mécanismes psychologiques peuvent bien pousser des personnes, déjà bien nanties financièrement, à se vendre inutilement pour une poignée de billets.