Jamais mieux servis que par soi-même... samedi 29 novembre 2008
Le Maep ou mécanisme africain d'évaluation entre pairs est sensé être l'audit d'un pays africain par les autres pays africains. A cet effet le Nepad le Nepad nomme et rémunère un auditeur pour veiller à la transparence et au contrôle de la gestion des fonds publics du pays évalué. Cet auditeur doit être neutre et impartial. Voici la théorie. Qu'en est-il de la pratique ?
La pratique semble être quelque peu différente. Au Bénin, par exemple, Marie Angelique Savané, chargée et rémunérée (fonctionnaire international) par le Maep pour évaluer le pays, émarge au budget national béninois pour des sommes mensuelles qui permettraient à une famille africaine de vivre quelques années. Jugez en.
Mme Savane ne voit aucun problème à être conseillère spéciale du président du pays qu'elle est chargée d'auditer. Ben oui ! Ni à en recevoir de menues compensations supplémentaires.
Ne voit-elle pas, dans cette pratique, ce que dans d'autres pays on appellerait corruption ? Ben non ! pourquoi ? N'y aurait-il pas conflit d’intérêts, enrichissement illicite ? Ben non ! vous avez décidemment l'esprit très mal tourné...
Et pourtant. Comme conseillère spéciale du président béninois, Mme Savané percoit un traitement brut de 3 150 400 francs Cfa par mois. Plus une pension (?) de 441 056 francs Cfa, des frais de résidence de 315 040 francs, des indemnités diverses de 1 545 000 francs Cfa dont une prime de sujétion 630 000 francs Cfa, un forfait (?) de 240 000 francs Cfa, des frais d’eau qui s’élèvent à 360 000 francs Cfa, de téléphone à 180 000 francs Cfa. Tout cela mensuels, bien entendus. Et, cela dure depuis le 1er janvier 2008.
Si on résume, le coût de la neutralité bienveillante de Mme Savané s'élève mensuellement à 5,6 millions F Cfa. C'est à la fois beaucoup et peu. Beaucoup d'argent en Afrique mais peu pour repeindre sa probité aux couleurs de la corruption.
Ceci dit, je ne suis pas autrement étonné des révélations que fait un journal béninois sur les découvertes que viennent de faire les députés béninois. N'ayant jamais pensé qu'aucune action, aucun mécanisme du Nepad ne pouvait déboucher sur quelque chose d'intéressant, ce n'est qu'une confirmation de ce que je pensais. Comment les gens qui fabriquent les problèmes (au moins en partie) peuvent-ils les résoudrent ?
C'est aussi ridicule que de confier le ministères de l'intérieur à la mafia.
Je suis par contre toujours ébahis de la soif immodérée d'argent de nos compatriote. Quels mécanismes psychologiques peuvent bien pousser des personnes, déjà bien nanties financièrement, à se vendre inutilement pour une poignée de billets.



















Réponse de naomed le mardi 2 décembre 2008 à 08:27
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