La poutre de l'un est la paille de l'autre... jeudi 25 juin 2009
Il y a quelques jours paraissait une vidéo montrant les "violences" de la police espagnole sur un sénégalais refusant de se laisser expulser. Vidéo partielle ne montrant ni l'avant ni l'après. Et tout le beau monde de gueuler au racisme...
Dépouillons un peu ce genre de situation.
La police est aux ordres de la justice et doit exécuter et faire exécuter les décisions de justice. Dans tous les pays, pour exécuter sa tâche, la police a le droit, si nécessaire, d'utiliser une violence légitime proportionnelle à la situation.
Je ne pense pas, qu'honnêtement, on puisse soutenir que la police ne doive rien faire si le contrevenant résiste à une décision judiciaire. La justice devant toujours avoir le dernier mot, la police remplira sa mission de gré ou de force.
Tout le problème de la légitimité de la violence policière est résumé par "si nécessaire" et "proportionnelle". Les actes des policiers sont-ils nécessaires ? Sont-ils proportionnels ?
Nécessaires, difficile à savoir, nous ne voyons rien avant l'incident. Proportionnels ? Apparemment, j'ai vu des policiers maitriser un individu récalcitrant, je n'ai vu ni passage à tabac ni coups.
L'argument consistant à dire, comme je l'ai lu, que si le délinquant s'était appelé Juan les choses ne se seraient pas passées ainsi, ne tient pas la route une seconde. Toute police, en Espagne ou chez nous, maitrisera un individu qui doit l'être et emploira les moyens nécessaires pour y parvenir. J'ajouterais qu'il y a de fortes chances que la maitrise d'un individu se fera, en Espagne, avec moins de casse que chez nous !
Cette réaction épidermique de solidarité raciale sytématique est la réaction la plus primitive qui puisse être. Elle nous pousse à défendre ce qui ne doit pas l'être et nous enlève, par réaction, toute crédibilité pour défendre ce qui doit l'être.
J'ai personnellement vu, dans une cellule de commissariat de Dakar, un individu "agité" (déficient mental je pense) se faire rouer de coups parce qu'il ne voulait pas entrer dans la cellule. Le passage à tabac était totalement inutile et disproportionné, une contrainte un peu musclée aurait suffi. Dans la cellule personne n'a gueulé, certains souriaient...
Apparte : J'étais dans cette cellule pour absence de pièces d'identité.
Ce que nous reprochons aux autres, souvent de manière abusive, nous le tolérons très bien chez nous. Par exemple nous trouvons très inhumaines les conditions de vie dans les locaux de détention administrative européens, ce sont pourtant des hôtels de luxe comparés à nos prisons. Qui gueule sur le sort inhumain, au vrai sens du terme, réservé aux condamnés/prévenus, au Sénégal ?
Par définition, le bourreau est blanc, dans le cas où le bourreau est nègre, ce n'est plus un bourreau, c'est un frère...
Ce qui est amusant, c'est que ces hurlements au racisme proviennent, vraisemblablement, de gens qui sont des ethnicistes/racistes convaincus, voir les commentaires cités dans cet article ou des gens qui appellent au meurtre d'homosexuels ou qui tabassent un "voleur de sexe". Comprenne qui pourra.
Le ministre de la justice va porter plainte contre la police espagnole, tout le monde applaudit. Qu'attendons-nous pour exiger du même ministre qu'il défende AUSSI les contrevenants sénégalais, au Sénégal ?



















Réponse de naomed le vendredi 26 juin 2009 à 01:19
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