Pénurie de personnel dans les hopitaux sénégalais... jeudi 26 novembre 2009
Le ministre Thérèse Coumba Diop, ministre de la Santé et de la Prévention, a adressé une circulaire aux directeurs d'hopitaux leur demandant de suspendre tous les nouveaux recrutements et de supprimer des postes de vacataires. Et tous de hurler comme un seul homme...
Comme d'habitude dans ce genre de situations, il est bien difficile d'évaluer le bien-fondé de la demande.
- Premier constat : les hopitaux ne marchent pas bien. Les syndicats hospitaliers parlent, entre autre, de pénuries de personnel, argument facile et socialement très acceptable.
- Second constat : un certain nombre de personnes paraissent bien désoeuvrées à longueur de journée dans ces structures
Le second constat, réel, fait penser que si certains postes sont effectivement en sous-effectif, d'autres seraient trop largement pourvus. J'ai lu, il y a quelques temps, un directeur d'hopital dire qu'il était incapable de dire quelle fonction exerçait certains agents.
Si on a eu l'occasion de fréquenter les hopitaux, il est manifeste que cela ne va pas vite, qu'il n'y a pas beaucoup de monde dans les services. Constat qui n'implique pas nécessairement un réelle grave pénurie.
Je m'explique avec un ou deux exemples personnels. Il y a quelques années, j'ai eu coup sur coup une hépatite virale suivit immédiatement d'un neuro-palu assez soigné. Pour l'hépatite, mon épouse m'a fait hospitaliser à l'hopital régional de Ziguinchor. Une nuit, elle se met en quète de l'infirmier(e) de garde pour changer ma perfusion. Après avoir érrée, pendant plus d'une heure, dans les deux ou trois étages du pavillon et attendu en vain devant la salle de garde, elle arréta elle-même la perf. Pénurie de personnel ou pénurie de sommeil ? Je vous passe d'autres épisodes moins marquants. Environ deux semaines après ma sortie, je fais un neuro-palu grand format. Après l'expérience de l'hopital, mon épouse décide de me soigner à la maison, on lui indique un infirmier pour s'occuper de moi. Au bout de quelques temps, mon épouse découvre que l'infirmier, qu'elle croyait indépendant, était en réalité employé de l'hopital. Passant une partie de la journée à mon chevet comment occupait-il son poste hospitalier ?
Comme souvent au Sénégal, il est très difficile de se faire une opinion réellement fondée. Si des audits de personnel existent, ils ne sont pas publics. Les discours syndicaux égrènent toujours les même revendications sans que nous puissions juger de leur pertinence, les propos étant toujours très vagues. Nous savons, d'autre part, le peu de crédit que l'on peut accorder aux affirmations syndicales. Le discours des autorités est, quant à lui, éminemment suspect : ne parlant que d'argent, camouflant son incurie et passant sous silence maintes pratiques.
Au hasard des enquètes ou des interviews sur le sujet, on sent poindre de multiples problèmes dont personne ne parle comme si tous les protagonistes étaient liés par le même besoin de discrétion (secteur privé au sein des structures, examens à l'utilité douteuse mais pourvoyeurs de fonds pour les primes de motivation, absentéisme...)
Il est évident qu'il manque très certainement quantité de personnels dans nos hopitaux, tout comme il est manifeste que certains postes sont inutiles. Le personnel ne semble pas non plus géré au mieux, c'est le moins que nous puissions dire.
Le secteur de la santé au Sénégal n'échappe pas au constat que l'on peut faire dans une grande partie de la fonction publique : mélange de laxisme et d'indifférence, de découragement cachant quelques ilots de compétence et de travail bien fait, le tout sous le couvert d'une totale rétention d'informations. Discrétion entretenue par l'état et par les fonctionnaires dans la même coupable complicité, de manière à tenir le public, pourtant financeur et bénéficiaire des dit services publics, totalement ignorant et de ce fait, incapable de renvoyer les responsabilités à leurs propriéraires respectifs.
L'apparent conflit état/fonctionnaire cache une très réelle complicité pour occulter les véritables raisons des disfonctionnements de la fonction publique.



















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