Les troupeaux au Sénégal
Par Kary, mardi 4 septembre 2007 à 12:47 :: VIVRE AU SENEGAL :: #315 :: rss
Au Sénégal et en Afrique en général, l'élevage est extensif et peu productif. La stabulation est rare. Les troupeaux sont laissés à eux-même pendant toute la saison sèche et errent dans la brousse à la recherche de nourriture.
Après l'hivernage il reste de la verdure, plus le temps avance il ne leur reste que les déchets de culture laissés en place et au bout de quelques temps, il n'y a plus rien. La mortalité dans les troupeaux est très importante, 1 veau sur deux meurt.
L'état subventionne de la nourriture animale pendant quelques mois de l'année, mais les quantités sont bien insuffisantes.
Les rendements agricoles sont trop peu élevés pour que l'on puisse consacrer de la terre à produire du fourrage. Dans certaines régions où il reste de la terre en friche, les agriculteurs récoltent de la paille. Mais rares sont les régions où toutes les terres capables de produire ne sont pas cultivées.
Un troupeau rentre au village en fin de journée.
Nous sommes en janvier, il reste encore des tiges de mil dans le champ.
Pendant tout le temps où j'ai observé le troupeau
Il est resté à me surveiller
Pas agressif, mais méfiant...
A la saison des pluies, les troupeaux ne peuvent plus divaguer en raison des cultures dans les champs. Les bêtes sont alors confiées à des bergers Peuhls qui les emmènent dans des zones de paturage.
Dans le village où ces photos ont été prises la situation est un peu différente. A proximité il existe une forêt classée dans laquelle les villageois peuvent faire paître les troupeaux. Un peuhl qui vient au village tous les ans est payé pour emmener paître les bêtes tous les après-midi. Il se charge des vaches et boeufs, des chèvres et des moutons. Il est payé mensuellement par le propriétaire de chaque animal.
Les troupeaux errants sont la cause de multiples conflits entre bergers itinérants et agriculteurs sédentaires. Les zones de parcours de paturage ont énormément diminué dans les 30 dernières années. Pression démographique et manque de travail... Les bergers étant assez peu soucieux de respecter les cultures qui existent sur ce qui étaient autrefois leurs zones de paturage cela engendre des conflits qui peuvent être très violents, il y a mort d'hommes tous les ans.
Jeunes boeufs attelés
Les troupeaux de bovins ont deux fonctions principales : servir à la culture attelée et de caisse d'épargne. Ce n'est pas l'unique force motrice pour tirer les charrues. Il y a des chevaux. Mais tous les agriculteurs ne possèdent pas de chevaux, de plus ceux-ci arrivent à la saison agricole dans un état de malnutrition catastrophique, le cheval étant beaucoup plus difficile à nourrir que le bovin.
L'autre fonction est une fonction d'épargne. Les boeufs sont une épargne facilement mobilisable, ils assurent donc une certaine sécurité dans le temps. Il servent aussi à l'occasion des cérémonies familiales : décès, mariages...
Autrefois la taille de son troupeau était une fierté pour un villagois, plus le troupeau était important plus il était riche et plus son prestige était grand. Cela tend à disparaitre. Quoique...
Chez les peuhls où le phénomène d'accumulation du bétail tourne à l'obsession on a pu parler du "culte du boeuf" ou du "boeuf intile" puiqu'il n'était jamais vendu et ne servait apparemment qu'à assurer le prestige de son propriétaire.
La réalité n'est pas si simple. Lors des grandes sécheresses donc de grande mortalité de bêtes, l'éleveur qui possédait 100 bêtes en perdait 80 % mais les 20 qui lui restaient lui permettaient de ne pas mourir de faim. S'il n'en avait eut que 50, il aurait été condanné. Cela correspondait à un calcul statistique du risque. Calcul empirique basé sur l'expérience...
Des boeufs mangent des feuilles de baobabs
que des jeunes gens sont montés couper dans les arbres







Commentaires
1. Le mardi 4 septembre 2007 à 20:11, par Virginie
2. Le mardi 4 septembre 2007 à 22:49, par Olivier
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