La poterie est une activité traditionnelle des femmes. Ce n'est pas à proprement parler un métier, c'est une source de revenus pour les femmes sans qu'aucune d'elles ne pratique à plein temps.

En Afrique les tâches sont traditionnellement rigidement réparties entre les sexes. Rares sont les personnes qui enfreignent la règle ce qui serait très mal perçu par la communauté.

Le four de cuisson est inconnu au Sénégal. La terre servant à fabriquer ces poteries a été ramassée loin dans la mangrove. Le sol du village est inutilisable n'étant guère constitué que de sable. Les canaris, c'est le nom donné aux poteries destinées à contenir de l'eau ou autres liquides, sont couchés sur un lit de branchages. Les grands canaris servent à conserver l'eau dans les maisons. Les plus petits sont destinés à boire le vin de palme en compagnie.

Les poteries sont ensuite recouvertes de branches de palmier qui seront renouvelées pendant les deux heures que dure la chauffe. On ne peut pas espérer obtenir une très bonne qualité avec cette méthode de cuisson.

Les branches de palmier brulent très bien en dégageant une chaleur intense. Il arrive que des poteries explosent, feu trop vif ou défaut interne dans la terre.

Le feu est retombé, les enfants retirent les poteries des braises et les entassent sur le pourtour du feu pour leur permettre de refroidir doucement sans choc thermique qui serait fatal à une partie de la production. Aujourd'hui, c'était une bonne fournée, aucune poterie n'a été détériorée.

Si la femme vend elleèmême sa production sur le marché, elle négociera les gros canaris à 7 ou 8 000 cfa soit 10 ou 12 euros. Dans la pratique, elle vend rarement elle-même, le premier marché vraiment intéressant est à Ziguinchor distant d'une quarantaine de kilomètres, elle vendra plus surement sa production à un commerçant qui lui achètera environ 5 000 cfa environ 6,5 euros.

La maitrise de la poterie et de la cuisson se perd. Les jeunes filles n'apprennent plus cette activité pourtant lucrative.